Asie Indonésie

Le Kawah Ijen et le Bromo, nuits blanches à Java

Après l’instant finding Nemo à Pemuteran, place au défi des volcans sur l’île de Java! Nous avons en ligne de mire les fameux Kawah Ijen et ses flammes bleues, puis le Bromo et son très beau lever du soleil. Même si nous adorons les petits coins pas très fréquentés, ça n’est pas une raison pour faire une croix sur ceux qui le sont plus!

À Pemuteran, après avoir questionné quelques agences, nous nous voyons proposer un prix exorbitant pour un pack 2 jours 1 nuit, avec transport et 1 nuit d’hôtel pour enchaîner les deux volcans : 5 000 000 IDR pour deux. Soit la bagatelle de 350€, ce qui est très cher pour l’Indonésie. Et encore, c’était un spécial price my friend ! Très rapidement, nous décidons de nous débrouiller par nous même.

De Pemuteran à Banyuwangi

Depuis Pemuteran, nous nous renseignons comment rejoindre le port de Gilimanuk. Notre hôtel nous propose un shuttle à 400 000 IDR. En discutant avec les locaux, nous décidons de tenter notre chance avec le bus local. Le principe est simple, quand tu le vois passer tu l’arrêtes. Pas d’arrêt de bus ou de station. Il faut donc se poster sur le bord de la route et attendre 😊

Nous croisons deux autres backpackers eux aussi en train d’attendre le bus. Des français ! On retrouve quand même pas mal de français dans les plans « on veut pas trop dépenser d’argent ». Pour chacun ses raisons!

Finalement, nous aurons un bus assez rapidement, prenons le ferry dans la foulée : arrivée en début d’après midi à Cemoro Lawang.

Petite anecdote quand même au boui-boui du coin où l’on déjeunait tranquillement, je me lève pour payer et une touriste venant d’arriver ME demande si je vends du riz. Forcément, tous les « asiatiques » se ressemblent et donc forcément je bossais dans le boui-boui.. Ahem.

Les flammes bleues du Kawah Ijen et ses travailleurs de l’ombre

Rendez-vous est pris au milieu de la nuit pour nous rendre au Kawah Ijen. Notre hôtel organise le transport par jeep à prix dégressif selon le nombre de personnes : coup de chance, nous serons 4. Il est minuit, et nous voici en route les yeux encore tout collés.

Une fois arrivés, nous nous acquittons des droits d’entrée et nous mettons à marcher à la lueur de notre lampe. Quelques mineurs sont déjà là, l’un d’eux ne tarde pas à entamer la conversation. De fil en aiguille, il en vient à nous proposer de descendre avec nous dans le cratère pour aller voir les flammes bleues formées par le souffre qui sort de terre à l’état gazeux.

Un panneau indique clairement que la descente dans le cratère est interdite aux touristes. C’est clairement dissuasif, puisque tout le monde le fait, et tous les guides et tours le proposent. Après, même si l’expérience restera un moment fort, cela pose quand même la question du risque pris…

La descente fut périlleuse, mais notre guide est très attentionné et veille bien à ce que je ne me casse pas la figure. Damien suit derrière comme un grand. À un moment donné, notre guide nous pointe un point dans le noir, là c’est le lac acide. Mieux vaut ne pas tomber. Nos masques à gaz nous rendent la respiration un peu difficile, le port est impératif.

Le spectacle en bas est irréel. Nous sommes dans le cratère d’un volcan. Actif. Les flammes bleues du souffre dansent devant nos yeux. Nous sommes captivés. Quelques photos plus tard, notre guide nous fait nous agenouiller car une vague de fumée arrive. Nous préférons ne pas nous attarder et remontons aussi vite que possible. Heureusement, nous avions commencé tôt mais ceux que nous croisons à présent subiront bien plus que nous l’épaisse fumée qui pique et les yeux, et la gorge.

Malgré les masques, nous reconnaissons Alex et Maëlys avec qui nous avions pris le ferry la veille! Un lever de soleil plus tard pour admirer le fabuleux lac acide (qui nous console du rdv manqué avec le Tongariro), nous les croiserons à nouveau : c’est dit, rendez-vous est pris pour le Bromo.

Nous garderons un fort souvenir du Kawah Ijen et nous ne pouvons que recommander de ne faire la descente qu’accompagnés par un mineur. Le notre, une vingtaine d’année, nous a d’ailleurs parlé du reportage de Nicolas Hulot ayant contribué à les mettre en lumière. Il s’agit vraiment d’un travail de forçat, chaque charge de 70 kilos en un aller retour ne leur rapporte que quelques euros. Alors savoir cela et voir que certaines touristes se font trainer dans des charrettes par des mineurs, ça fait réfléchir.

Les flammes bleues du Kawah Ijen

Les flammes bleues du Kawah Ijen

Notre guide

Notre guide

Vague de fumée au fond du cratère du Kawah Ijen

Vague de fumée au fond du cratère du Kawah Ijen

Le lac acide au lever du jour au Kawah Ijen.

Le lac acide au lever du jour au Kawah Ijen.

Du Kawah Ijen au Bromo

De retour  l’hôtel, nous nous recouchons après un bon petit déjeuner. Pour rallier Probolinggo, nous avons choisi le train puisque notre hôtel est en face de la gare de Karang Asem. En classe économique, le trajet pour 6h ne nous revient même pas à 2€. Nous voyagerons chacun dans un wagon différent, ayant pris nos billets tardivement. Nos voisins sont très curieux envers nous et très bienveillants. Damien garde un bon souvenir des frites au paprika qu’on lui a fait goûter ! Et puis moi j’ai regardé des vidéos avec un petit garçon durant une bonne partie du trajet.

À notre arrivée à Probolinggo, c’est le déluge. Coupure d’électricité dans le quartier de la gare et pas le moindre tuk tuk ou bus en vue. Nous finissons par appeler notre hôtel qui enverra quelqu’un nous chercher ! La délivrance, car 3km dans le noir sous l’orage, ça fait pas rêver.

Après un bon dîner pris directement à notre hôtel, un couple allemand nous explique comment ils ont visité le Bromo la veille sans payer le droit d’entrée. Droit d’entrée qui s’élève quand même à 350 000 IDR (environ 25€), énorme pour le pays, et qui, dixit le propriétaire de notre hôtel ne profite même pas aux locaux. Autant dépenser notre argent directement dans les boui-boui et les guesthouses.

Le lendemain, direction la station de bus en bemo. Comme nous venions depuis le centre de la ville, nous avons réussi à atteindre facilement la bonne station de bus pour Cemoro Lawang. Mais nombre de touristes venant de la gare ou du bus provenant de Banyuwangi se font déposer à un faux bureau d’information touristique qui leur fait prendre un bus privé, plus cher.

Le bus public pour Cemoro Lawang ne part que s’il est plein, ou si les passagers déjà présents sont prêts à partager le prix pour partir directement. En d’autres termes, c’est 40 000 IDR par personne si tout le monde est là, et pour nous ça sera 60 000 IDR car au bout de 02h d’attente tout le monde était d’accord pour rallonger un peu la monnaie !

Le Bromo de jour … Et de nuit

À Cemoro Lawang, nous acceptons la chambre proposée par… le conducteur du bus ! Prix correct pour une chambre avec de bonnes couvertures, une salle de bain privée même spartiate, et même le wifi! Dire qu’à Probolinggo, pour vendre leur tour en jeep on nous avait prédit des hôtels pleins…

Début d’après midi, nous retrouvons Alex et Maëlys pour visiter de jour le Bromo. Nous avons pris l’entrée des locaux, le chemin qui part depuis l’hôtel Indirah où il n’y a pas de billetterie. Malgré le panneau dissuasif, personne ne nous a rien demandé.

La majeure partie des touristes vient le matin, alors nous n’étions qu’une dizaine à arpenter la Caldera et guère plus à monter les marches menant en haut du cratère. La vue d’en haut n’est pas le plus impressionnant, mais la marche dans la Caldera avec le Patok (que jusque je confondais avec le Bromo) et le Semeru tout au fond nous a beaucoup plu. Le paysage est complètement surréaliste à deux pas du village..

La nuit commence à tomber et il fait tout de suite un peu plus frais. Après une très courte nuit, nous nous retrouvons vers 03h du matin pour assister au lever de soleil sur la Caldera.

Avec maps.me nous trouvons le chemin sans trop de difficulté. Il y a plusieurs points de vue sur le mont Penanjakan permettant d’admirer le lever du soleil. Nous visions le King Kong hill qui serait moins fréquenté que celui où toutes les jeeps se retrouvent. En route, nous croisons un autre français, parisien également, et nous le retrouverons au point de vue.. avec une quinzaine d’Indonésiens. Pas de chance, la brume est là et le soleil bien caché. Nous finissons par redescendre de quelques dizaines de mètres, et la caldera nous apparaît enfin. Plus de lever de soleil mais la vue reste magnifique. Nous profitons.

Après un copieux petit déjeuner, c’est parti pour la longue attente du remplissage du bus pour rejoindre Probolinggo. Finalement, nous n’attendrons pas que le bus soit plein mais le tarif restera raisonnable.

Après cette deuxième petite grimpette en pleine nuit, la dernière nuit à Probolinggo sera salvatrice avant de prendre le train pour Yogyakarta le lendemain.

Paysage lunaire au pied du Bromo

Paysage lunaire au pied du Bromo

La Caldera depuis un champ

La Caldera depuis un champ

Les escaliers menant au Bromo

Les escaliers menant au Bromo

La Caldera au petit matin

La Caldera au petit matin

Bilan:

Faisons les comptes :

  • Bus Pemuteran Gilimanuk : 50 000 IDR par personne (sans négocier, cela aurait pu être moins)
  • Ferry : 6000 IDR par personne
  • Pick up jusque l’hôtel à Cemoro Lawang : 40 000 IDR par personne (payé un peu cher)
  • 1 nuit Hôtel à Banyuwangi, Karang Assem Inn 100 000 IDR la chambre double (environ 7€) : à ce prix, c’est pas le grand luxe mais très bien pour une nuit. Le petit déjeuner est compris, et nous avons pu rester faire la sieste au retour du Kawah jusqu’à l’heure de notre train.
  • Jeep pour le Kawah aller retour avec fourniture de masque à gaz: 150 000 IDR
  • Entrée du Kawah Ijen: 100 000 IDR
  • Guide pour les flammes bleues 50 000 IDR
  • Train pour Probolinggo 27 500 IDR en classe économique
  • 2 nuits d’hôtel à Probolinggo au Clover Homestay, avant et après le Bromo: 165 000 IDR, chambre double climatisée avec sdb et petit-déjeuner
  • Bemo à Probolinggo depuis l’hôtel jusque la gare routière : 5000 IDR
  • Bus Probolingo Cemoro Lawang: 60 000 IDR à l’aller et 50 000 au retour car le bus n’était pas plein. 40 000 IDR sinon.
  • Homestay à Cemoro Lawang : 150 000 IDR.

Soit un total de 860 000 IDR (60€) par personne pour se rendre au Kawah Ijen et au Bromo depuis Pemuteran, inclus transport et 4 nuits. Nous sommes loin des prix mirobolants qui nous avaient été donnés, et ainsi nous avons pu visiter en prenant notre temps. Une nuit de repos entre les deux nuits blanches sur les volcans n’était pas de trop!

Nous ne saurions que recommander de vous organiser par vous même, déjà parce que c’est moins cher mais surtout car cela permet de ne pas trop courir.  Autant au Kawah Ijen, la jeep nous semble indispensable, au Bromo tout est faisable à pied sans trop se fatiguer !

You Might Also Like

Pas de commentaires

Laisser un commentaire

dix-sept − deux =